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Dominique ROUILLARD, Architecte, professeure à l’École Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais, directrice de l’unité de recherche LIAT. Membre fondateur de l’agence d’architecture et d’urbanisme Architecture Action.

Face aux enjeux environnementaux et planétaires, la conférencière a appelé la mise en
place d’une vision pragmatique, éloignée des utopies apocalyptiques et prophétiques
d’un homme certes nouveau, mais frugal et décroissant. Elle a noté que, si d’une part
les ressources terrestres diminuent et le climat change, d’autre part les mobilités augmentent.
C’est pourquoi les véhicules légers peu consommateurs d’énergie et de matière
offrent une perspective d’une grande valeur. En effet, le défi de la décarbonisation
serait aujourd’hui mené dans deux directions indissociables: la première accorde une
grande attention aux comportements économes en termes de ressources ; la deuxième
entreprend un développement scientifique et industriel de technologies connues et
efficaces, aussi bien dans l’isolation, dans le traitement des déchets, dans la méthanisation,
dans la production d’énergie renouvelable et bien sûr dans les mobilités.
Les mobilités quotidiennes, notamment celles de porte-à-porte, longtemps considérées
comme le service indépassable auquel seule la voiture particulière était capable de
répondre, apparaissent comme le tronçon manquant de la réflexion sur la vie urbaine
du futur. En effet, l’automobile a été un acteur stratégique de l’urbanisation depuis
les années 1950. A son instar, les nouveaux véhicules électriques – légers, silencieux,
agiles, et sobres en énergie – contribuent à la transformation de la ville moderne. Sans
réclamer de nouvelles infrastructures, ils réparent les connexions et ils inventent des
trajectoires dans la ville-territoire distendue et incongrue, ils remplacent la proximité
par l’accessibilité, ils requalifient les espaces publics, l’air et les nuisances sonores. La vie
urbaine se transforme et la voiture électrique pénètre dans les bâtiments, prolongeant
l’effacement des oppositions structurantes qui ont fondé la ville et l’architecture modernes: nouveaux comportements et nouvelles technologies créent un grand espace
commun et partagé.