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Anne VEUTHEY, géographe, aménagiste, présente « Au dessus des toits », un travail de mémoire de master en développement territorial, formation dispensée par l’Université de Genève (UNIGE) et la Haute École du paysage, de l’ingénierie et de l’architecture (HEPIA).

Le débat de Genève | Métropoles et densité: les surélévations genevoises au prisme de l'âge urbain

Le XXIe siècle sera le siècle de l’urbain. Plus de la moitié de la population mondiale vit déjà dans des villes et la maîtrise de l’étalement urbain est devenu l’un des objectifs prioritaires de l’aménagement du territoire. En Suisse, après une période de déclin de l’attractivité des centres, une tendance au retour en ville s’est amorcée. La Confédération recommande aux agglomérations de se densifier, ce qui met Genève sous pression, accentuée par une profonde crise du logement.


En effet, la loi fédérale de l’aménagement du territoire de 2013 a cristallisé une forme de résistance collective au mitage du territoire. Elle fut précédée par la loi genevoise sur les surélévations de 2008, laquelle prend place dans un contexte urbain et patrimonial particulier marqué par deux aspects importants. La densification verticale promue par cette loi propose de créer des logements en autorisant les propriétaires fonciers à rehausser leurs biens afin d’augmenter la surface habitable. Cette politique publique s’inscrit dans un développement urbain durable puisque ces logements sont bien desservis par les infrastructures et services. Mais, malgré l’approbation de la loi par le peuple genevois en 2008, les surélévations d’immeubles sont depuis sujettes à débat : impact sur le patrimoine bâti, coûts trop élevés, manque de transparence dans l’octroi des autorisations de construire, trop fréquentes dérogations à la loi, «surdensification» des quartiers centraux, mise en pression du paysage urbain et, last but not least, construction de logements pour une population à haut revenu.


En 2017, L’État et la Ville se sont associés pour établir un bilan puis élaborer une méthodologie d’évaluation des projets de surélévations qui devrait permettre de contrôler les effets de la loi sur le patrimoine bâti. Pour autant, la loi sur les surélévations pourrait avoir des effets visibles et durables, tout en posant quelques questions pressantes sur l’espace urbain genevois: Quelles visions à long terme pourraient conduire à une densification réussie du territoire habité? Comment concilier besoins en logement, protection du patrimoine et nécessité de Nature? Quelles politiques publiques permettraient la nécessaire mixité sociale? Comment associer la population à une construction positive de son futur urbain?