Les sites urbains en mutation font dans plusieurs villes l’objet d’un nouveau corpus de pratiques réunies sous le vocable d’ « urbanisme transitoire» . Ceci englobe toutes les initiatives qui visent, sur des terrains ou bâtiments non occupés, à réactiver la vie locale de façon provisoire lorsque l’usage du site n’est pas encore décidé ou le temps qu’un projet se réalise. L’urbanisme transitoire investit aussi bien des immeubles vides, des sites bâtis à l’échelle d’un projet urbain ou des terrains vagues, dans des stratégies multi sites ou bien au coup par coup.

L’ouverture des possibles sur ces sites suscite innovation, créativité et mixité des usages, ferment d’une ville ouverte, coconstruite et répondant aux besoins de ses habitants actifs ( habitants, travailleurs, étudiants, etc. ). L’urbanisme transitoire réussit souvent, dans un temps court, à créer une valeur sociale que les projets urbains traditionnels ne réussissent à susciter que sur le long terme. Ces initiatives de terrain viennent donc questionner les modalités de la fabrique urbaine.

L’urbanisme transitoire ne vise pas seulement l’occupation temporaire d’un espace, contrairement à l’urbanisme temporaire. La notion d’urbanisme transitoire veut assumer les deux dimensions du terme transition : d’une part celle du passage de l’AVANT à l’APRES qui pose la question de la capacité des usages transitoires à accompagner et à influencer la mutation d’un site en projet et à réaliser une connexion qualitative entre les usages passés, actuels mais aussi à venir du lieu ; et d’autre part celle de la transition écologique qui pose la question de la capacité de ces usages transitoires de porter le récit de la transition ( énergétique, écologique, économique, sociale et politique ). Dans le débat sur la densité, l’urbanisme transitoire constitue une des meilleures armes permettant à la société civile de lutter en faveur d’une densification qualitative de la ville, structurée et régulée par l’espace public.

Il s’agira aussi de mettre le doigt sur le risque d’une « événementialisation » des politiques urbaines au détriment d’un travail systématique sur les injustices spatiales, laquelle pourrait alors reléguer le transitoire en temporaire, sans doute moins moteur d’une véritable transition.

Programme

Cas d'étude 3

RYTHMS IN-BETWEEN THE CITY. OCCUPATION OF TIME

  • Anna Ternon, architecte-urbaniste, PhD student Metrolab Brussels, UCLouvain
  • Brussels Ecosystems' team

Cas d'étude 4

LE FESTIVAL ANTIGEL À GENÈVE

Répondants

  • Chloé Salembier, Docteure en Anthropologie, chargée de cours, chercheuse UCLouvain

Studio Citygate © Photo: Anna Ternon