Modern City and Contemporary City : facing the transition

4e JBS — 2018

90 years since the La Sarraz Declaration

Français

Le 90e anniversaire de la Déclaration de la Sarraz ne serait pas passé inaperçu si Bernardo Secchi était encore parmi nous. Non pas par nostalgie, ni pour renforcer une bataille contre un ennemi qu’il faudrait impérativement anéantir. Mais certainement comme une occasion pour réfléchir de manière critique sur les distances, les inadéquations, les abus ou, au contraire, les trajectoires encore ouvertes et les continuités entre la Ville Moderne et la Ville Contemporaine, au prisme des transitions écologique, économique et sociale.
À la suite de réflexions qu’on trouve dans la Première leçon d’urbanisme autour du passage de l’architecture et de l’urbanisme modernes ( leur projet, espace, forme et théorie ) à la stratification, la multiplicité et la complication de la ville contemporaine, la quatrième journée Bernardo Secchi sera consacrée à cette mise en confrontation, et aux nouveaux défis qui l’investissent.

Au prisme de ce moment fondateur pour les avant-gardes du 20e siècle, la Journée d’étude entend se focaliser sur notre actualité transitionnelle marquée par « l’absence d’une vision claire et intégrale du futur urbain, conduisant à des choix incohérents dans l’élaboration de nouveaux projets », comme le rappelait Bernardo Secchi, il y a une décennie (1); un contexte au sein duquel compatibilité écologique, durabilité et résilience, obligent les architectes, urbanistes et acteurs à remettre en cause les principes directeurs du projet contemporain (2).
La Modernité, la Neuzeit, résume en un seul mot le cadre temporel entre la Renaissance et nos jours, au sein duquel les cultures occidentales ont développé un projet humaniste sans précédent. Ce dernier a souvent été remis à zéro, pour la dernière fois dans les années 20 avec l’avènement du Modernisme. Ce mouvement artistique, culturel et social a façonné sans aucun doute notre cadre de vie actuel. Nos standards, visions, goûts et couleurs sont marqués par ce tournant historique, autant exalté que décrié. Et si l’architecture et l’urbanisme se sont emparés de cette remise à zéro-là pour concevoir un cadre matériel correspondant à une nouvelle vision de la société, elles n’ont pas manqué l’occasion de se reconstruire en tant que disciplines elles-mêmes. C’est bien cette reconstruction qui a été marquée par la création des Congrès internationaux d’architecture moderne, dont nous fêtons cette année le 90e anniversaire.
Le quasi-siècle qui nous sépare de ce moment si significatif pour la forme qu’ont pris les villes et les territoires rend urgent de le revisiter pour tout ce qu’il résume en termes de dynamiques historiques et de parcours de vie, à la fois individuels et collectifs, de visions et de critiques d’un monde en transition.
Les quatre titres des paragraphes qui ont structuré la Déclaration résument l’ambition de cette époque. L’on peut imaginer leur formulation évoluer, au prisme du temps présent :

I. ( Architecture et ) l’économie générale > Architecture entre économie et écologie
II. Urbanisme > Les conditions du projet urbain contemporain
III. L’architecture et opinion publique > Environnement construit et participation citoyenne
IV. L’architecture et ses rapports avec l’Etat > Architecture et globalisation

Tout en gardant leur force et leur signification, ces thématiques évoluent dans des directions différentes pour structurer un débat nouveau sur le projet d’une ville-territoire en voie de transition.


1) Bernardo Secchi, « Rethinking and Redesigning the Urban Landscape », Places 19, I ( 2007 ), pp. 6 et 8.
2) Ibid, p. 11.


English

The 90th anniversary of La Sarraz Declaration would have gone unnoticed if Bernardo Secchi were still with us. Not because of nostalgia, and not to prolong a battle against an enemy to be definitively destroyed. Rather, it is an occasion for critical reflection on the distances, the inadequacies, the abuses, or on the contrary, the trajectories and continuities between the Modern City and the Contemporary City that remain open in a time of ecological, economic and social transition.
Following on the reflections dedicated in Première leçon d’urbanisme to the passage from Modern Architecture and Urbanism ( their project, space, form, theory ), to the stratification and the multiplicity of spaces in the Contemporary City, the 4th JBS will confront these two positions from the perspective of several new challenges of the present moment.

In view of this foundational moment for the 20th century avant-gardes, the Working Seminar intents to focus on our own transition characterised what Bernardo Secchi ten years ago described as an “absence of clear and integral vision of the urban future, leading to incoherent choices regarding new design projects”: the context in which issues of ecological compatibility, sustainability and resilience oblige architects, planners and stakeholders to question anew the main principles of contemporary design.
Modernity, or Neuzeit, encompasses in a single word the temporal framework between the Renaissance and the present, within which the Western cultures developed an unprecedented humanist project. This was often reimagined, notably in the 1920’s, with the appearance of “modernism”, that artistic, cultural and social movement that has shaped the ways of life of urban dwellers up to present. Our standards, visions, tastes and preferences were defined at this historical turning point in ways that have been both exalted and decried. If architecture and planning took over this restarting phase in order to conceive the material framework corresponding to a new social vision, they also seized the opportunity to reconstruct themselves as disciplines. It is this very reconstruction that was marked by the creation of the Congrés internationaux d’architecture moderne, whose 90th anniversary we celebrate this year.
A near-century has passed since that very significant moment for the shape of cities and territories. It is urgent today to revisit it for all that it means in terms of historical dynamics and life cycles, both individual and collective, as well in terms of views and criticism of a world in transition.
The four titles of the paragraphs structuring the Declaration synthetize the ambition of the period. They can be imagined today, in a slightly revised formulation :

I. ( Architecture and ) the General Economic System > Architecture between economy and ecology
II. Town Planning > The conditions for the contemporary urban project
III. Architecture and Public Opinion > Built environment and citizen participation
IV. Architecture and Its Relations with the State > Architecture and globalisation

The force and the meaning of these themes shift in new and different ways and launch a novel debate on the project of the city-territory, in its actual transitional phase.


Le comité d’organisation / The Steering Committee :

Panos Mantziaras ( Fondation Braillard Architectes )
Luca Ortelli ( École Polytechnique Fédérale de Lausanne )
Paola Viganò ( École Polytechnique Fédérale de Lausanne )